Retour sur la table ronde Legal Design au Village de la Legal Tech

 

Retour sur la table ronde Legal Design au Village de la LegalTech

 

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Le 6 décembre dernier, dans le cadre du Village de la legal tech, Open Law organisait une table ronde autour du legal design qui a permis d’embrasser,

au travers d’expériences variées, le potentiel que représente le design appliqué à des problématiques juridiques.

 

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Olivier Anceschi, Marie Potel-Saville, Alexandra Sabbe-Ferri, Elodie Teissèdre et Sumi Saint Auguste ont présenté sous des angles complémentaires

le legal design, reprenant différents grades (ou registres)  qui sont autant d’indications :

 

-Design informationnel : pour repenser un document et proposer une autre restitution de l’information. Il y sera potentiellement question

de représentation visuelle d’une information auparavant textuelle et linéaire ; c’est l’acception la plus courante du legal design aujourd’hui,

 

-Design de produit : c’est le sens populaire du design industriel,

 

-Design de service : en tant que démarche de conception d’un processus interactif,

 

-Design d’organisation ou de système : c’est là que le design prend toute sa dimension sociétale.

 

L’exploration collective de ces registres a permis de valider, d’une certaine manière, les compétences engagées dans un processus de legal design.

Ci-dessous une matrice qui présente ces “compétences”, consolidation de deux propositions distinctes, l’une de Margaret Hagan

(du labo de legal design de l’Université de Stanford) et l’autre de Sarah van Hecke (du cabinet d’avocats Houthoff au Pays-Bas).

 

 

 

 

Mobiliser les usagers du droit dans la conception de contenus juridiques :

le projet LawbyDesign (ERAGE)

 

Elodie Teissèdre est consultante en accompagnement de projets et communication. Elle est revenue lors de la table-ronde sur le projet LawbyDesign

mené auprès d’élèves avocats de l’ERAGE à Strasbourg entre les mois de février et juillet 2017.

Ce projet, qui s’est matérialisé par la conception de livrables pédagogiques autour de problématiques juridiques aujourd’hui utilisés par des acteurs

publics et associatifs, a permis de mesurer l’importance d’une bonne analyse des besoins des utilisateurs de droit.

 

Malgré la masse d’informations juridiques en circulation sur Internet, les citoyens et consommateurs de droit n’ont pas automatiquement accès à

une information qui fasse sens pour eux. Une information personnalisée, adoptant un vocable accessible, avec le bon niveau de granularité juridique

et un choix de narration / visuel approprié, facilite la compréhension et la mémorisation de son utilisateur.

Une démarche de questionnement des usagers de droit a d’abord été définie pour permettre aux membres du projet d’animer plusieurs micro-trottoirs

et de recueillir les besoins et les frustrations d’usagers. En participant à des permanences juridiques et en interagissant avec des professionnels

en contact avec les usagers (Direccte, CSF, Viaduq), les membres du projet ont pu faire une expérience pratico-pratique des préceptes du design-thinking.

Ils se sont également formés à l’idéation créative, puisque plusieurs techniques de génération d’idées ont été utilisées pour

prototyper leurs solutions (mindmapping, brainstorming). Pour donner corps à leurs projets, les élèves ont enfin très tôt eu recours à la manipulation

d’outils de facilitation graphique collaboratifs, ainsi qu’à un logiciel de gestion de projet.

 

 

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Une grammaire visuelle pour optimiser un circuit de veille juridique chez SVP

 

Olivier Anceschi est Knowledge Manager chez SVP et formateur à l’INTD en ingénierie documentaire. Il nous fait part d’une problématique de veille

surabondante et insuffisamment typée qu’un travail de fond, effectué avec un designer, a permis de mettre en lumière.

Grâce à des supports visuels et une méthode “design” ont été identifiés des points d’achoppement, et ainsi des problématiques précises sur

lesquelles un nouveau travail de typage graphique des différentes catégories d’information a été engagé : Olivier a fait appel à Miroslav Kurdov,

infographiste spécialisé dans l’information juridique qui a développé une véritable grammaire visuelle. Le développement d’infographies a ainsi

permis de clarifier et hiérarchiser les informations.

 

 

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Concevoir et modéliser un service centré sur l’utilisateur : mesindemnités.com

 

Alexandra Sabbe-Ferri est avocate en droit du travail. Sa pratique l’a amenée à développer une compétence particulière en droit de la rupture

du contrat de travail en conseil, en coaching et en contentieux. Elle est rompue à l’exercice de la négociation et de la plaidoirie prud’homale.

 

Pour répondre au besoin pressant exprimé par ses clients, qu’ils soient employeurs ou salariés, Alexandra a élaboré une méthode de calcul des

indemnités de rupture du contrat de travail lui permettant de délivrer, dès le premier rendez-vous, l’indication chiffrée et précise des indemnités

du solde de tout compte, des droits à Pôle Emploi et des chances/risques pécuniaires en cas de contentieux prud’homal. Après avoir éprouvé

cette méthode pendant sept ans, elle l’a développée sur la plateforme mesindemnités.com pour en proposer le plus large accès aux salariés,

aux employeurs et aux avocats.

 

Le processus qui a amené Alexandra à créer cette offre est une parfaite illustration de ce qu’est la démarche du designer. Une longue phase

d’observation a permis d’identifier ce besoin fort et l’inquiétude qui l’accompagne qui se résume en une question : combien. En inversant ainsi

radicalement le déroulé classique d’une relation client et en y positionnant l’offre de valeur très tôt, Alexandra établit 100% de transformation

du prospect en un client effectif : la confiance et la garantie d’expertise sont en effet d’emblée établies.

 

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Designer la direction juridique EMEA d’un grand groupe


Marie Potel-Saville est vice-Présidente et directrice juridique EMEA du groupe Estée Lauder; elle a d’abord exercé une douzaine d’années

en tant qu’avocate en droit de la concurrence au sein de Freshfields et Allen & Overy à Paris, Londres et Bruxelles, avant de partir à

Mexico City durant trois ans, où elle a été Counsel chez Creel, l’un des principaux cabinets locaux en droit des affaires. De retour à Paris,

elle a rejoint Chanel, où elle a été responsable juridique Europe durant trois ans.

 

Elle nous a présenté une vision large du design qui, loin d’être cantonnée au design visuel/informationnel, est un moteur de changement tant

des méthodes de travail que de son organisation. Forte de ses expériences notamment dans le cadre d’interventions “pro bono”, Marie a

aussi tenu à rappeler l’important potentiel de l’utilisation du design pour améliorer l’accès au droit en général.

 

 

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